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ANTICOSTI 2007

 

Préparation

Je charge mon GPS avec les 18 cartes topographiques 1:50 000 de l’île ainsi qu’avec 177 points de navigation en utilisant le logiciel Mapsource de Garmin et les données topographiques de Topo Canada également de Garmin.  J’imprime les cartes avec les points de navigation à l’échelle 1.5km/3cm, ce qui donne une très bonne idée d’où je suis sans consulter le GPS sans arrêt.  J’ai également imprimé les cartes topographiques pour la côte de l’île sur le site Web de l’Atlas du Canada http://atlas.nrcan.gc.ca/site/francais/maps/topo/map.  Celles-ci donnent une idée du plateau littoral autour de l’île.  Par contre, je dois admettre que je ne les ai pratiquement jamais consultées. Il est intéressant de regarder sur Google Maps(satellite) ou Google Earth, car on voit aussi très bien le plateau littoral.  Finalement, je prends les tables des marées sur le site Web www.marees.gc.ca/.

 

 

PHOTOS (100-2155/100-2163)

J’arrive sur le Nordik Express à Rimouski à 11h00 le mardi 17 juillet 2007 et le départ est à 12h30.  Arrêt a Sept-Îles à minuit, séance de boisson au bar Sept-îles jusqu'à 3h00 avec un retour sur le bateau pour 4h15. 

Nordik Express – Port de Sept-Îles – 4h07

Le bar Sept-Îles, c’est réellement horrible comme place, mais ça permet de faire une bonne nuit de sommeil sur les banquettes du pont supérieur du navire après.  Le bateau part en retard de 2h00 soit à 8h00, mais je me réveille que vers  9h30, donc je n’apprends la nouvelle qu’à l’arrivée sur l’île.  Arrivé à Port Menier vers 14h30, on me donne mon kayak à 16h30. Le temps de le monter et tout paqueter, il est déjà 18h30.  C’est un départ tardif et la marée descend, mais je veux camper ce soir et j’ai hâte de commencer à faire du kayak.

 

PHOTOS (100-2164/100-2183) – Port Menier – Passé Pointe aux Ivrognes

JOUR 1 mercredi le 18-07-2007 départ 18h30 – arrivée 19h50 – 4 Km

Première réalisation après 3 coups de pagaie, le kayak pèse autant qu’une chaloupe avec un 25 forces.  N’étant pas un fan de la nourriture déshydratée, j’ai opté pour du cannage.  Il y a un prix à payer évidemment et je le réalise pleinement présentement.  D’un autre côté, c’est un vrai plaisir de manger des légumes, du brie, du jambon, de la sauce spaghetti à la viande, des salades de fruits, etc. après 2 semaines de voyage.  Après 20 minutes de petites vagues, le "reef" fait son apparition.  Ça grouille de vie : du plancton animal, des petits coquillages ainsi que mes 2 premiers phoques  Je vais plus au large pour avoir un peu plus d’eau.  J’avais prévu me rendre à l’Anse-aux-Fraises ou le "reef"  semblait moins large, mais je réalise rapidement que je n’y arriverai pas ce soir.  Je débarque donc à plusieurs centaines de mètres de la rive et je traîne le kayak dans quelques pouces d’eau jusqu'à la rive.

Premier emplacement de camping – Un peu après Pointe aux Ivrognes – 19h49

Quelques kilomètres de Port Menier et c’est déjà un autre monde.  Le "reef"  s’expose lentement, les phoques vocalisent au loin et les moustiques me dévorent littéralement.  Demain, la marée est haute à 4h07, les chances que je me lève assez tôt sont de zéro. Je suis en vacances après tout!

 

 

PHOTOS (100-2185/100-2268).-.Passé Pointe aux Ivrognes– Pointe Wickham

JOUR 2 jeudi le 19-07-2007 Lever 5h40 – départ 6h50 – arrivée 19h15 – 41 Km

Une superbe matinée avec le fleuve parfaitement plat.  Il y a beaucoup d’oiseaux qui plongent pour ramasser le poisson, des dizaines et des dizaines de phoques et une température fraîche.  Le ciel se couvre progressivement toute la matinée.  Je dois aller à plusieurs kilomètres au large afin d’avoir un peu d’eau sous le kayak.  Il y a une petite houle qui se brise sur les bords du "reef" qui rend le tout visuellement splendide.  En arrivant à la pointe ouest, je dois contourner une immense flèche de gravier et de roches.  Le nouveau phare est très bien préservé et, les débris de l’ancien phare construit en 18581 et dynamité en 19611 sont un peu partout sur les lieux.  Les 3 inukshuks de grande taille qui gardent la pointe ajoutent une corde de plus au décor peint par le vent.  Il y a 2 épaves sur la plage à l’est du phare entre la Pointe de l’Ouest et la Pointe à la Goélette. 

Calou échoué en 19821 au fond, Tai Pei à l’avant - Entre la Pointe de l’Ouest et la Pointe à la Goélette – 10h31

Après une petite bouffe rapide et une visite d’épaves, j’arrive à Baie Sainte-Claire établi de manière permanente vers 18651 à 12h30. Là aussi, je dois contourner une autre immense flèche qui se projette au moins 1km dans la mer.  Je visite le vieux cimetière Catholique à l’est de la baie. Les morts sont pour la plupart en bas âge suite aux épidémies de grippe espagnole et de choléra.1  Je vais aussi voir les 2 bâtiments qui résistent toujours juste à l’est du ruisseau Malouin. 

1 des deux derniers bâtiments – Baie Sainte-Claire – 12h56

C’est une zone où la chasse est interdite et on ma dit que si l’on est chanceux, on peut voir des centaines de chevreuils qui s’y agglomèrent à l’occasion.  Moi, malheureusement, je n’en ai vu qu’un seul, mon premier du voyage.  La maison au fond de la baie est littéralement envahie par les abeilles et je n’ose même pas trop m’en approcher.  Je quitte sous un ciel complètement voilé qui va cependant s’éclaircir au cours de la journée.  Un peu passé le grand ruisseau, je vois une grosse forme blanc/rose sur la berge.  En m’approchant, je réalise que c’est une baleine morte.  Quelque chose d’horrible lui est arrivée, car en fait, c’est une demi baleine morte.  Tout l’arrière manque.  Je ne peux pas trop m’approcher, car les mouches y sont par milliers.  Plusieurs phoques me suivent et me font faire le saut en plongeant brusquement de temps à autre.  J’arrive à la Pointe-Wickham à 19h45 avec une armée de moustiques qui m’attendent sur la berge. 

 

Deuxième emplacement de camping avec Cap-de-Rabast au loin - Pointe Wickham – 19h17

Je monte la tente et prépare le souper avec tout mon équipement sur le dos pour les éviter.  Superbe coucher de soleil sur la côte nord qui colore le ciel de toutes les teintes de rouge.  Loin à l’ouest, le Cap-de-Rabast( Pointe Nord) est perceptible et pour une seconde nuit, je m’endors avec le doux cillement des moustiques.

 

 

PHOTOS (100-2274/100-2309).-.Pointe Wickham – Passé Havre du Brick

JOUR 3 vendredi le 20-07-2007 Lever 6h10 – départ 7h45 – arrivée 19h00 – 45 Km

Il a plu une bonne partie de la nuit.  Tout est un peu humide ce matin et l’air suinte l’eau.  Depuis mon lever, j’entends des bruits étranges au loin.  C’est une sorte de hurlement pratiquement en continu.  Après environ 2km, je vois un gros troupeau de loups marins sur des roches un peu au large.  Leur nom s’explique aisément une fois que l’on a entendu les sons qu’ils émettent.  Plus j’approche le Cap-de-Rabast et plus le temps est maussade. 

Phare et dépendances – Cap-de-Rabast – 8h58

Un vent léger me fait reculer lorsque je ne pagaie pas.  Le caplan a dû rouler récemment, l’eau est jonchée de centaines de poissons morts.  J’imagine que les phoques et baleines ont dû se gaver.  Je vois ma dernière baleine du voyage loin au large en visitant le site du phare.  J’arrive au centre de la Baie de Trois Ruisseaux vers 10h30 et m’y arrête pour me dégourdir un peu les jambes.  Je suis arrêté sur le "reef" qui bloque complètement l’accès à la grève et en 15 minutes, le banc de brouillard que je voyais au loin envahit la baie.  Je m’attendais à avoir pleinement le temps de traverser la baie avant son arrivée.  Le brouillard est très dense et je vois à peine 10 pieds devant moi.  Mon premier essai à vie de navigation dans le brouillard.  Heureusement, il n’y a pas de problème et en 20 minutes, je revois la côte dans un épais manteau blanc qui rend le paysage fantomatique.  Le GPS n’est peut-être pas nécessaire, mais je me sens plus en confiance que si je n’avais que ma boussole marine.  Le reste de l’après-midi se passe rapidement avec le même vent qui me ralentit.  Suivre les abords du "reef" que l’on voit à peine dans la brume, c’est magnifique et j’ai de l’énergie à revendre.

Après-midi brumeuse – Entre baie Martin et Cap Nord – 14h06

Quelques kilomètres après le Cap Caron, je fais la rencontre de 3 kayakistes (1 kayak simple et 1 double).  Il leur reste 5 jours pour se rendre à Port-Menier et ils me conseillent sur les belles baies, notamment à l’Havre du Sauvage.  Définitivement une place où il serait plaisant de camper plusieurs jours!  Malgré la difficulté d’accès vu la faible profondeur de la baie, je m’y arrête pour marcher un peu et prendre de l’eau dans un ruisseau.  Il y un accès par la route et je vois 3 personnes marcher sur le bord de l’eau durant mon approche.  Ils sont déjà partis lorsque j’arrive.  Le Cap Blanc, le Cap Nord et surtout la Pointe de Hautes Falaises sont très impressionnants. 

Reef, forêt, falaises - Hautes Falaises – 17h52

On peut voir dans le haut de ces dernières quelques cavernes.  Ce sont les plus grosses falaises jusqu’à maintenant.  Après 1 ou 2 Km passé le début de l’Havre du Brick, c’est le désastre.  Je longe la berge de très près, car l’eau semble un peu plus profonde qu’au large.  Soudainement, j’accroche le fond à bonne vitesse.  Ce n’est pas un léger frottement au sol comme je fais plusieurs fois par jour, mais un arrêt brusque qui va percer mon kayak de bord en bord à 2 endroits.  J’accoste après 5 minutes avec 2 pouces d’eau dans le fond.  J’ai ce kayak depuis plus de 6 ans et même avec tout le mauvais traitement et les abus constants que je lui impose, je n’avais jamais réussi à faire autant de dommages.  Je n’aurai pas le choix : une réparation s’impose.  Il est maintenant 19h00 et je dois m’installer correctement, l’orage arrive rapidement de l’Est.  Ça me prend près de 2h m’installer avec la bâche qui est un brin trop petite.  J’enlève finalement mes vêtements de kayak vers 21h00 sous une pluie forte et une température en chute libre.  L’orage ne cessera que vers 9h00 demain matin.

 

 

PHOTOS (100-2310/100-2314).-.Passé Havre du Brick – Passé Havre du Brick

JOUR 4 samedi le 21-07-2007 Lever 4h40/9h50 - départ 13h00 – arrivée 15h00 – 4 Km

La journée désastre.  Non seulement je rate une superbe journée avec un bon vent de dos, mais je travaille comme un dingue pour n’avancer que de quelques kilomètres.  Je me réveille à 4h40 le bas du sac de couchage trempé.  Je décide de continuer de sommeiller  pour ne pas partir sous la pluie.  Je me réveille de nouveau à 9h50.  Normalement, ce n’est pas un problème, mais la marée est déjà basse et continuera à baisser.  Je dois m’activer et vite.  La préparation du départ est longue en plus, j’ai à faire une réparation de kayak.  Bien qu’il soit conseillé de coller une vraie "patch" de part et d’autre de la toile quand on perce la toile de bord en bord, j’opte pour l’option rapide et j’applique une "patch" autocollante seulement à l’extérieur.  Lorsque tout est prêt pour le départ, l’eau libre est à des centaines de mètres du bord.  C’est donc le portage de tous les sacs et puis du kayak jusqu’à l’eau. 

Marée descendante, un long portage s’impose – En route vers Rivière à l’Huile – 11h56

Au bas mot, c’est une heure de travail.  Après un départ à 13h00, ça ne prend que quelques minutes pour me rendre compte que ma réparation faite sur de la toile mouillée ne tient pas le coup.  Le kayak se remplit d’eau aussi vite que hier.  Je retournerai bien au bord pour faire une réparation permanente, mais c’est la marée basse et il n’est pas question de refaire le portage de ce matin.  J’arrête donc sur un bout de "reef" exposé et en une demi-heure, j’ai une nouvelle "patch" qui n’est pas trop convaincante.  Un retour à l’eau et je constate l’infiltration d’eau immédiatement.  Note mentale : « les "patchs" ne tiennent pas quand elles sont installées sur la toile humide ».  Je décide d’au moins changer de décor et péniblement, je rampe fidèle pompe en main 3Km en 1h environ.  Vers 15h00, la marée est plus haute et une belle plage avec un soleil de plus en plus perçant se présente.  Je passe donc l’après-midi à faire tout sécher, me faire griller, manger le plus possible pour baisser le poids du bateau et surtout à réparer les trous dans la toile.  C’est le sommeil à 21h00, un peu dégoûté d’avoir travaillé si fort pour quelques Km, mais on annonce le même vent pour demain.  Je m’endors en me disant que je vais me payer une grosse journée pour oublier le tourment d’aujourd’hui.

 

 

PHOTOS (100-2315/100-2376).-.Passé Havre du Brick – Passé Ruisseau au Caplan

JOUR 5 dimanche le 22-07-2007 Lever 5h15 – départ 6h30 – arrivée 20h15 – 59 Km

C’est une de ces journées magnifiques avec un soleil radieux et un vent de dos qui forme une belle houle qui pousse fort tout au long de la journée.  C’est une de ces journées où on est content qu’il y ait un coucher de soleil, car il serait impossible de s’arrêter.  J’ai très peu de notes autre que des points de navigation qui s’enchaînent avec une rapidité étonnante.  Je reste au large tout le temps, profitant de nombreuses séances de surf grâce à la houle plus importante au milieu des baies.  Le kayak est toujours très pesant donc très stable.

Falaise – En route vers le Ruisseau Savoy – 13h39

J’arrête à la Rivière Macdonald dans la baie du même nom vers 15h30.  C’est le premier arrêt de la journée et après près de 9h00 assis dans le kayak, je marche sur la plage comme un ivrogne, les jambes complètement fichues.  Le vent s’intensifie et rendu à Pointe à l’Épinette, c’est de moins en moins plaisant.  Je décide tout de même de couper la Baie du Caplan pour me rendre rapidement à l’épave du Wilcox.  C’est une très mauvaise idée.  Depuis quelques heures, un vent venant de l’île (directement du sud) prend de la force.  Lorsque je suis au milieu de la Baie, la houle qui était plaisante toute la journée combinée avec les vagues venant de l’île devient inquiétante.  Je perds l’horizon à demi dans les creux et il y a beaucoup de blanc près des falaises au fond de la baie.  Un petit sprint d’une quinzaine de minutes vers la plage juste avant le début des falaises et je respire mieux.  J’arrive à 17h50 sur une plage en pente dans de petites vagues de 1 ou 2 pieds sans trop de difficulté  Ce n’est pas une plage où l’on peut camper confortablement et j’espère que le vent va cesser comme tous les soirs jusqu’à maintenant.  Le Soleil commence à descendre à l’horizon et heureusement, vers 19h15, le vent cesse presque complètement.  Le départ dans les vagues est plus mouillant, mais là non plus il n’y a pas trop de problèmes  Je quitte donc pour me rendre dans l’Anse à la Vache qui est plus intéressante pour camper.  La Pointe Carleton baigne dans une mer remplie de clapotis.  Le phare et ses dépendances surplombe l’eau dans un ciel rouge vif. C’est la photo idéale que je rate évidemment grâce à ma caméra qui mange les piles. J’accoste rapidement sur la plage après la fin de la falaise pour changer mes piles qui sont au fond du kayak, mais le temps que je retourne et c’est raté; trop tard, il fait trop sombre.

 

Coucher de Soleil dernière seconde – Pointe Carleton – 19h57

Arrêt au Wilcox échoué en 1954 1 pour quelques photos d’épave sombres.  Je remplis les gourdes au Ruisseau au Caplan et puis c’est l’arrêt en pleine forteresse SÉPAQ à 20h15.  Une journée superbe, quoique rester au large pendant des heures est moins intéressant que longer la côte.  D’un autre côté, ce n’est pas tous les jours que l’on peut profiter de conditions idéales pour surfer en toute tranquillité d’esprit pendant de longues heures.

 

 

PHOTOS (100-2377/100-2463).-.Passé Ruisseau au Caplan – Baie de l’Ours

JOUR 6 lundi le 23-07-2007 Lever 5h30 – départ 7h20 – arrivée 18h30 – 46 Km

Un super matin ensoleillé avec un vent sud-est (venant de l’île) qui s’intensifie toute la journée.  Je coupe au tiers l’Anse à la Vache pour aller vers la Pointe à la Vache et ça devient rapidement le moment le plus difficile de la journée.  J’ai le droit à la même houle que hier, mais avec un vent fort qui me pousse au large et forme de petites vagues de côté qui sont très rapprochées.  Les 2 prochains jours, je suis forcé de suivre le bord de très près afin de ne pas être obligé de trop me battre contre ce vent.  Ça fait bien mon affaire, c’est selon moi la plus belle section de l’île et couper les baies n’aurait pas de sens.  Durant le reste du voyage, je longe le rivage autant que possible (quand la marée ne m’oblige pas à aller au large).  Jusqu’à la Pointe Health, le "reef" est moins présent à l’exception de l’Anse Harvey, la Baie du Renard et comme le nom l’indique, la Pointe Reef. Tout au long de la journée, c’est une succession de plages idylliques dans de grandes baies qui ont toutes leurs rivières ou ruisseaux.  Ça ressemble au Sud à l’exception de l’eau qui est glaciale.  Je me paie un bain de soleil à la Rivière Observation.  Le paysage est idyllique et bien gardé de l’Est par des falaises immenses.

Plage et embouchure de la rivière Observation – Rivière Observation – 10h20

Je vois 2 kayakistes sur la plage dans l’Anse Tap, mais sans m’arrêter je décide de passer tout droit, question de leur laisser leur petit coin privé.  Avec le soleil qui plombe, il faut que j’aille me baigner au plus vite.  J’arrête dans la baie suivante au Ruisseau Gaudry.  Il y a une cabane de pêcheur de homard à l’ouest de la baie.  L’eau est chaude et j’en profite pleinement.  Un bon repas avec une séance de bronzage en prime et je continue le sourire étampé au visage.  J’ai dû me faire des protège oreilles en "Duct Tape", le soleil est intense. Une autre journée où c’est difficile de s’arrêter.  Par endroit, j’ai toujours de belles séances de surf et le paysage devient plus beau de cap en cap.    Il y a de très beaux chalets à Vauréal la Mer, mais il n’y a personne.

C’est moi, salé et séché au soleil – Fin de la baie Maujerol – 15h03

En arrivant à la Rivière des Petits Jardins, je suis bouche bée. C’est une des plus belles baies que j’ai vue de ma vie. Bien encastré par 2 caps massifs, la plage de sable en arc est lapée par une eau bleue verte.

Partie est de la plage – Anse du Sentier Vert et embouchure Rivière des Petits Jardins – 16h33

En sortant de la baie, je passe à travers un gros groupe de phoques qui prennent plus de temps qu’à l’habitude pour déguerpir.  Ils me suivent un peu plus au large et viennent plus près de temps en temps.  C’est presque épeurant,  j’ai des grandes falaises à ma droite et un banc de phoques qui me surveillent à gauche.  En arrivant dans la Baie Beacon, ils disparaissent tous d’un coup.  Je les vois réapparaître devant moi en ligne.  Ils chassent le poisson dans la baie, j’admets que je suis un peu soulagé.  En longeant la falaise qui mène au Cap de l’Ours,  il y a un éboulis massif à une centaine de pieds derrière moi.  Il faut réellement faire attention au pied des grandes falaises et surtout à celles qui sont faites de couches de terre et de pierre. Toute la journée, j’ai vu des pierres tomber des falaises, mais ici c’est constant. En contournant le Cap de l’Ours, le vent du Sud me frappe de plein fouet.  C’est le 500m le plus lent de la journée.  J’arrête donc dans la partie Ouest de la Baie de l’Ours à 18h30, les bras morts suite à ce petit combat de fin de journée. J’ai mon ruisseau avec cascade, une grève en gravier fin et la plus belle vue que je vais avoir du voyage.  Je vois à ma droite une succession de grands caps (Pointe Eaton, Pointe de la Tour, Cap Robert et Pointe Harvey) et à ma gauche la falaise qui m’a tan fait suer.  

Les 4 grands caps nommés ci-haut – Vue du sixième emplacement de camping – 18h42

Les mots me manquent pour décrire la scène; le soleil qui se couche, les grands caps, les phoques qui m’épient de l’eau le tout dans une grande baie sauvage. C’est parfait. Comme toute bonne chose ne dure pas, après quelques instants, c’est l’infestation de mouches noires et je dois porter ma veste en moustiquaire pour survivre.  Toute la nuit, ça sille à l’extérieur de la tente. De plus, mon beau ruisseau est contaminé par 2 chevreuils morts dans le bassin au bas de la chute. 

 

 

PHOTOS (100-2464/100-2543).-.Baie de l’Ours – Passé Cap Tunnel

JOUR 7 mardi le 24-07-2007 Lever 5h30 – départ 7h20 – arrivée 19h45 – 49 Km

Il n’y a mystérieusement pas de bibittes ce matin. Bonne chose, car je suis très lent pour paqueter le kayak. C’est le jour 2 des grands caps et la température est idéale, tout comme hier. J’ai lu qu’il y avait eu un début de colonisation dans la baie en 18731  et que l’on pouvait toujours y voir des vestiges de fondations.  Je me suis promis d’aller y jeter un coup d’œil, promesse non tenue je m’en rappel qu’une fois remontant la Baie Natiscotec.  Je contourne aisément le Cap Eaton, mais en rentrant dans la baie, c’est le même scénario que hier.

En parlant de grands caps – Cap Eaton – 7h51

Le vent venant du sud-est me frappe de plein fouet et je dois pagayer au maximum de ma force pour ne pas être poussé dans le fleuve. Dans le pire des cas, en longeant la falaise de très près, je pourrais aisément débarquer dans quelques pieds d’eau et traîner mon embarcation. C’est la première journée que je sens mon kayak répondre plus comme un kayak qu’une barge. Je fais du bon travail en mangeant le plus que je peux et, finalement, ça commence à payer. La Baie de la Tour est magnifique et la Pointe de la Tour est toute aussi impressionnante que le Cap Eaton. La Rivière Natiscotec est sublime et j’en profite pour une petite baignade rapide. C’est une autre baie qui ne se satisfait pas d’avoir une seule rivière, la Rivière Métallique s’y trouve également.  Depuis Carleton, toutes les baies ont au minimum un ruisseau, sinon 1 ou 2 rivières. Les plages sont toutes incroyables et il serait facile d’y camper pendant des jours. Chose surprenante, beaucoup de mouches style domestique envahissent le kayak dès que j’arrête, mais n’ont aucun intérêt pour moi.  Je vois dans la Baie Natiscotec ma première méduse.

Belle méduse rouge – Baie Natiscotec – 8h17

Pour les braves, allez voir sur Internet, il y a plein de recettes pour les préparer, moi, je passe.  En arrivant à la baie des Homards, je décide que mes palmes, masque et tuba me seront inutiles. On m’avait dit que c’est une année exceptionnelle pour le homard, mais plonger volontairement dans l’eau glaciale, c’est une autre histoire.  Je profite d’un des ruisseaux pour me tremper un peu et enlever la couche de sel sur mes vêtements.

Plage magnifique ceinturé par des falaises de part et d’autre – Baie des Homards – 11h28

En sortant de la Baie de Homards jusqu’à la Pointe Harvey, ça brasse pas mal.  Le clapotis est de plus en plus gros et je dois m’éloigner un peu des falaises.  En contournant le Cap Harvey, j’ai toujours le même vent du sud avec le retour du "reef".  J’arrête à Rivière aux Saumons après une pénible approche contre le vent (c’est la place avec le plus de bâtiments autre que Port Menier sur l’île) à 14h00. Le temps de me dégourdir les jambes et manger, puis soudainement, un coup de vent du nord qui durera une dizaine de minutes transforme la baie en moutons blancs  Avoir passé Pointe Harvey sous ce vent aurait été une aventure dangereuse ou du moins épeurante.  C’est le retour du relief plat jusqu’au Ruisseau Macarie.  La baie Mill est gigantesque, j’arrête à un petit ruisseau qui se jette de son lit perché (pas de corbeau dans le coin par contre mes pieds sentent le fromage) d’environ 6 pieds sur les berges du fleuve.  Le ruisseau a son cours dans un petit canyon qu’il serait très plaisant d’explorer.  Je continue, longeant de loin la falaise qui mène au Cap James.  La houle est très profonde et le retour des vagues sur la falaise rend le tout assez chaotique.  Je ramasse mon deuxième troupeau de loups marins à la fin de la Baie Mill qui me suit pour le restant de la journée.  Je veux avoir des photos du Cap Tunnel avant que le soleil soit trop bas, mais quand j’arrive à mon point de navigation, je réalise que le rocher troué est en fait au moins 1,5 KM plus loin. Je mets donc les bouchées doubles.

Après une longue journée un petit cadeau – Cap Tunnel – 19h23

En filmant ma traversée du tunnel, les batteries de ma caméra me lâchent encore. Je décide donc de camper à environ 500m sur une petite plage qui n’est pas idéale et sent le guano. J’arrive à 19h45, interrompant la réunion internationale des mouches noires agressives. Déjà sur l’eau, je me faisais piquer, mais là, c’est intense. J’enfile ma veste moustiquaire qui me sauve pour une deuxième fois en 2 jours.

 

PHOTOS (100-2544/100-2627).-.Passé Cap Tunnel – Passé Cap Sandtop

JOUR 8 mercredi le 28-07-2007 Lever 5h30 – départ 6h50 – arrivée 18h50 – 35 Km

Je me réveille tôt, je tiens à retourner filmer le Cap Tunnel un peu.  J’enfile ma veste moustiquaire, c’est encore noir de mouches ce matin.  Je sue à grosses gouttes même avant d’embarquer dans le kayak.  La journée est très chaude et il n’y a plus de vent. 

Les algues sous plusieurs pieds d’eau – Près du rocher troué (Cap Tunnel) – 7h27

Après un bref retour au Cap Tunnel, je coupe la Baie Prinsta en diagonale, pour arriver au début des falaises du coté est. Je veux me payer un petit déjeuner de luxe à l’auberge de Cap à la Table. Lors de mon premier passage à Anticosti, je me rappelle d’un déjeuner buffet formidable sur un site formidable .Une chance que j’ai la motivation d’une promesse de grande bouffe, car la chaleur est écrasante.  J’arrive à Cap à la Table à 9h00 épuisé et trempé.  Je me change en linge d’humain et je monte le petit sentier qui mène en haut.

Paradis des abeilles – Cap à la Table – 9h21

C’est la déception : soit que la place est abandonnée ou bien encore que les propriétaires vont avoir tout un travail pour ouvrir cet automne durant la saison de la chasse. Tous les bâtiments bourdonnent d’abeilles, certaines vitres sont ouvertes, d’autres sont placardées, le gazon est à la taille. La porte du phare est défoncée et je suis tenté d’y monter pour voir la vue. En entendant le bourdonnement à l’intérieur, je recule rapidement.  C’est donc le retour à l’eau un peu déçu, mais c’est la vie. Le paysage s’estompe drastiquement passé Cap à la Table. Vers 10h00, une petite brise se lève et ça devient plus respirable.  Il fait tout de même si chaud que rendu à la Pointe au Renard, j’ai bu 3.5 de mes 4 litres d’eau pour la journée. Je passe devant 2 petites colonies de mouettes tridactyle qui ne seront qu’un préparatif à la Falaise aux Goélands demain.  Je décide d’aller chercher de l’eau dans le lac ou la rivière au fond de la Baie du Renard. La baie n’a presque pas d’eau et je prends mon temps pour ne pas accrocher le "reef" trop solidement.  Je ne veux pas revivre mon expérience de réparation du jour 4. Sur le bras de terre qui isole le lac du fleuve, il y a quelques petites maisons, une plus grosse probablement un pavillon ainsi qu’un second dépôt de cages du pêcheur de homard. J’arrive presque à entrer directement dans le lac, à marée haute l’accès serait facile. Je ne prendrai pas mon eau ici le sel l’a contaminé, je décide donc de pousser jusqu’au Ruisseau de la Chute.  Le passage de la Pointe Reef donne l’impression de flotter dans un immense aquarium. Le fleuve, plat comme un lac, permet de voir le fond à de grandes profondeurs. J’arrête un peu plus loin manger aux abords des lacs de la Baie Innomée.  Au fond de cette baie, il y a un immense camp perché sur le début des falaises qui bordent l’est de la baie. La falaise en tant que tel est très belle, avec pratiquement aucune eau à son pied et une courbure dépassant le 90o dans le haut. En arrivant près du Ruisseau de la Chute, j’ai la surprise de voir qu’il y a plusieurs petites sources qui s’écoulent à mi falaise. J’adore le site du Ruisseau de la Chute.  

De l’eau assez chaude pour un bain confortable – Ruisseau de la Chute – 15h00

La douche absolument nécessaire fait un bien immense après avoir sué autant au cours de la journée. Je mange, je prépare de l’eau et, surtout, je me baigne sous l’eau presque tiède. Je considère fortement camper ici sur un des gros blocs d’éboulis à proximité mais une fois de plus, j’ai un besoin insatiable d’aller voir ce qu’il y a après le prochain cap.  La Baie Sandtop prend son nom du gros dépôt de sable (une couche de plusieurs pieds) en haut de la falaise.

Du sable partout au milieu d’une longue section de falaises en continu – Cap Sandtop – 17h56

La falaise est moins haute que dans la Baie Innomée, mais elle est intéressante de par sa couverture inusitée. À partir du second ruisseau dans la Baie Sandtop, c’est une falaise en continu jusqu’à mon site de camping près de la Falaise des Goélands. C’est la plus longue section  de falaises sans possibilité d’accostage, peut-être 4 ou 5Km et avec du mauvais temps, à éviter à tout prix.  J’arrive à 18H50 à environ 1Km du Cap aux Goélands à l’extérieur de la Réserve Écologique de la Pointe Health.

Site de camping tout confort – Près du Cap aux Goélands – 18h50

Je campe derrière la pancarte de la réserve donc, techniquement, je ne suis pas encore un illégal. Une superbe journée encore une fois et un site de camping incroyable sur des longues herbes qui me font un lit ultraconfortable. 

 

PHOTOS (100-25628/100-2706).-.Passé Cap Sandtop – Baie au Cormoran

JOUR 9 jeudi le 29-07-2007 Lever 4h50/7h45 – départ 9h45 – arrivée 17h40 – 20 Km

Je me lève à 4h50 sous une pluie assez forte et je me recouche immédiatement. Le second lever est à 7h45 sous une pluie faiblissante. J’arrive au Cap aux Goélands rapidement et, en le contournant, c’est un spectacle comme je n’en ai jamais vu.  Je me sens exactement comme dans un reportage de National Geographic, les quelques 50 000 oiseaux nicheurs (guillemot, macareux moine, fou de bassan et mouette tridactyle)3 sur la falaise d’environ 2 Km sont un spectacle visuel, sonore et olfactif intense. Je prends un tas de videos, mais pas assez de photos.  Clairement pour bien capturer la magie des lieux autre que d’y aller, la vrai caméra vidéo est nécessaire.  Je regrette fortement de ne pas en avoir amené une.

La section que j’ai le plus aimée d’Anticosti – petite partie de la Baie aux Goélands – 10h40

J’essaie de ne pas trop flâner vu que techniquement, je n’ai pas le droit d’être là. Au moins, je n’ai pas l’impression que ma présence dérange réellement les oiseaux. Les mouettes semblent m’ignorer complètement si ce n’est que de m’utiliser comme toilette flottante.  Après près d’une heure en longeant très lentement la falaise (je n’ai pas réussi à rester moins longtemps), j’arrive au ruisseau Gaudrealt. C’est une très belle chute qui tombe du haut de la falaise. Un peu au large, il y a des centaines de mouettes qui chassent le poisson. En approchant la Pointe de l’Est vers 11h45, les phoques sont de plus en plus nombreux. Il y a aussi une houle qui devient impressionnante et directement devant la Pointe de l’Est, les vagues se brisent violemment sur la berge. Je suis obligé de contourner la pointe très au large, car des vagues de 2 ou 3 pieds se brisent un peu partout. Heureusement, c’est de courte durée et une fois la pointe passée, ce n’est que de la houle qu’il reste. Le kilomètre après la Pointe de l’Est est l’équivalent de la falaise aux Goélands, mais pour les phoques.

Colonie de phoques – Baie juste après la Pointe de l’Est – 12h02

C’est une superbe baie presque en demi-cercle avec 3 ou 4 petites cavernes aux toits hauts qui ont tous de gros troupeaux de phoques résidant.  Quand je pense qu’il y a quelques jours, j’étais mal à l’aise quand ils s’approchaient trop. J’aurai décidément eu un arrêt cardiaque avoir été ici. C’est un autre lieu qui a l’air sorti directement d’un documentaire et un aspect plus sauvage, ou du moins naturel, que le reste de l’île me frappe. En entrant dans la Baie du Naufrage, les falaises s’estompent pour devenir une plage et un vent solide venant du sud me frappe de plein fouet. Je longe la côte dans quelques pieds d’eau pour arriver après un gros effort au Lac de la Baie du Naufrage. Le pêcheur de homards à un autre dépôt de cages ici. Je m’arrête pour dîner et me reposer un peu. Je contourne la Pointe Health facilement et en allant voir les vestiges du vieux phare, j’aperçois 3 pierres tombales. 

Lieu de dernier repos spectaculaire – Pointe Health – 14h27

C’est le lieu de repos d’u capitaine R.C. Jennings mort noyé en 1890 à l’âge de 32 ans.  Je voulais aller voir les roulottes, mais je me suis retenu, me rappelant que je n’ai pas l’autorisation pour être là. Je m’attendais à de grosses vagues en passant la pointe, mais c’est plutôt calme.  Après 15 minutes, mes attentes sont comblées.  Les vagues sont hautes et soudainement une plus grosse que les autres se brise sur moi et me trempe. Le vent venant du sud-est est mortel, ça me prend une éternité pour arriver à la Petite Rivière, qui pourtant n’est pas si loin. En arrivant dans la Baie du Cormoran, le vent est encore plus fort. Je regarde ma vitesse au GPS et je ne vais qu’à 2.2Km/h en travaillant fort. Il y a 2 petites cabanes dans la partie ouest de la baie et un ce qui ressemble à un pavillon de chasse. Je campe directement sur une petite route qui a l’air très peu utilisée. Arrêt à 17h40. Je me paie une petite marche sur la route jusqu'à la Pointe au Cormoran. Le vent se calme, le soleil baisse et adoucit le ciel, un vrai plaisir de marcher un peu. J’ai la chance de voir un grand aigle blanc dans son nid qui lui n’a pas l’air aussi content que moi de la rencontre.

 

 

PHOTOS (100-2707/100-2746).-.Baie au Cormoran – Passé Ruisseau Sans Nom 2 (environ 5Km à l’Est de Pointe à la Croix)

JOUR 10 vendredi le 30-07-2007 Lever 6h45 – départ 8h15 – arrivée 20h15 – 29 Km

C’est un matin très calme, une petite houle et un vent léger. Dans la grande Baie de l’Outarde, le vent s’intensifie et la houle est remplacée par de petites vagues de face qui se cassent un peu partout.

Arbre tordu par le vent – Baie de l’Outarde – 6h54

Le paysage n’est pas ce qu’il était sur la côte nord de l’île. Ce sont des kilomètres de plage hybride sable et roche avec des mini falaises très peu longues. Je regrette de ne pas avoir filmé plus sur le côté nord, il me reste encore beaucoup de mémoire libre sur ma carte. J’arrive avec beaucoup de difficulté à la Pointe aux Oies, où je m’arrête pour prendre mon souffle. Le temps que je reparte après avoir mangé un morceau et le vent est devenu presque trop fort pour faire du progrès.  Je décide de faire un effort et de me rendre à la Petite Rivière de la Loutre.  Entre 11h15 et 12h50, je réussi à progresser de 2.5Km. C’est un peu ridicule de se battre contre ce vent et j’arrête à environ 500M de la Rivière, incapable d’avancer.  Je profite du vent de 15 - 25 nœuds (selon ma radio VHF) pour faire sécher tout mon linge et prendre une marche pour aller voir la rivière. En route, je trouve 6 grosses vertèbres de baleine.

Blanchon bronzant – Petite Rivière de la Loutre – 13h51

 

Ça me brise le cœur de ne pas pouvoir en ramener une, mais la moelle est toujours présente et ça sent vraiment mauvais. À l’embouchure de la Petite Rivière à la Loutre, j’aperçois une autre cabane avec des tas de cages à homard. Il y a un petit blanchon qui se dorlote au soleil sur la plage dans la rivière. Je réussi à m’approcher à quelques pieds en le filmant avant qu’il s’aperçoive que je suis là.  Mauvaise personne que je suis, je fais peur aux phoques constamment, mais outre celui-ci où j’abuse réellement, ils sont vraiment peureux et se sauvent même en gardant une bonne distance. Vers 15h00, je retourne à mon kayak. Le vent a faibli un peu, mais je vais patienter. On annonce des vents de 10-15 nœuds tôt en soirée. Je quitte ma plage à 16h45 dans ce qui me semble un vent faiblissant. Pas une bonne idée, ça prend plus de 2h faire le 6Km pour me rendre à Pointe de la Croix. En passant la pointe, c’est le retour de la grosse houle et puis soudainement le vent cesse. J’ai le droit à un autre superbe coucher de soleil et plus tard, un lever de grosse lune jaune spectaculaire. J’arrête à 20h15 sur une plage abrupte de gros galets. C’est possiblement mon pire emplacement pour camper à date, mais je suis fatigué et je veux installer la tente avant la noirceur. Demain, on annonce des vents de 10-15 nœuds du sud-est. Ça devrait mieux se passer qu’aujourd’hui.

 

 

PHOTOS (100-2747/100-2810).-.Passé Ruisseau Sans Nom2 (environ 5Km à l’Est de Pointe à la Croix) – Cirque de la Chaloupe

JOUR 11 samedi le 31-07-2007 Lever 5h15 – départ 7h00 – arrivée 18h15 – 33 Km

C’est un matin très chaud.  Je sue de nouveau à grosses gouttes avant même le départ.  Le fleuve est très calme, pas de vent et juste une petite houle à peine perceptible trouble sa planéité quasi parfaite. J’enfile les kilomètres facilement, après 2 ½ jours de vent de face, c’est très agréable d’avancer à bonne vitesse. J’arrive rapidement à la Pointe Sud.

Vieux phare – Pointe Sud – 9h22

De mon point de vue, la berge a une cinquantaine de pieds couronnée de son immense phare et, plus au large, le "reef" exposé avec les oiseux et phoques, je suis de retour dans les lieux de légende d’Anticosti. Deux groupes de loups marins hurlent bruyamment et se sauvent lorsque je passe.  Du haut de la nouvelle structure métallique, on voit bien le "reef", la côte plane à perte de vue et l’intérieur de l’île avec ses tourbières et lacs omniprésents. Un peu plus loin, quand on dépasse l’Escarpement de Bagot, on voit au loin ce qui ressemble à une petite île. Je devine le Mongibello, la seconde plus grosse épave du fleuve échoué en 1922. 

Mongibello, allez le voir pendant qu’il est encore temps – Pointe Shandon – 12h02

J’ai très hâte de m’y rendre, mais j’ai un besoin pressant pour l’instant. Hier soir, l’idée de me préparer de l’eau ne m’a pas effleuré l’esprit. Par conséquent, je n’ai plus une goutte et il fait tout de même très chaud. J’arrête aux deux premiers ruisseaux passé l’Escarpement de Bagot, mais ils sont contaminés par le sel. De grandes algues dans de l’eau stagnante, ce n’est pas idéal. J’arrête un peu plus loin au Ruisseau du Canot, mais c’est la même histoire. Le relief est très plat et je regrette de ne pas avoir ramassé de l’eau à la Rivière Bell ce matin. J’arrive au Mongibello assez rapidement. C’est une grosse épave très usée par la rouille. L’intérieur est colonisé par des cormorans. On peut presque pénétrer à l’intérieur par la coque du bateau trouée un peu partout, mais j’imagine que ce n’est pas quelque chose de très intelligent à faire. Plus loin, c’est un arrêt au Ruisseau Box, qui sur la carte est assez gros pour ne pas être saumâtre. Cependant, l’eau salée pénètre très loin à l’intérieur, son embouchure étant formée d’une sorte d’élargissement sans banc de sable  qui le protège. 10 minutes après, je vois une petite cascade qui descend sur des bancs de roches sur une dizaine de pieds jusqu’au fleuve. Je bois 1litre d’eau tiède d’une traite. L’emplacement est parfait pour prendre un bain, manger et travailler mon bronzage.  La mode fermier (bras rouge et le reste blanc), c’est donc beau, mais étant donné qu’il n’y a personne dans le coin, j’opte pour le bronzage intégral. Il y a de petites anguilles qui remontent jusqu’au ruisseau. Encore une fois, je fais peur à la faune et elles se cachent sous des roches à ma vue. Je reste ici entre 13h30 et 15h00. Vers 15h15, le ciel commence à se couvrir rapidement. Je suis forcé de pagayer très au large, le plateau littoral ceinture l’île de plusieurs kilomètres. À trois reprises durant les heures qui suivent, je suis forcé de débarquer et de traîner le kayak dans quelques pouces d’eau. À la Pointe Dauphine, je dois marcher plus de 15 minutes dans de l’eau pas assez profonde pour pagayer. C’est le prix à payer si on veut voir la côte un peu. J’arrive au Cirque de la Chaloupe, où j’accède directement au lac dans mon kayak. Il y a une petite maison accessible par la route, personne n’est là évidemment. La pluie qui avait commencé à 16h00 s’arrête à 18h00 pour reprendre à 20h00. La chance me sourit, je n’ai jamais monté ma tente sous la pluie. Ce soir, c’est une préparation spéciale, un orage violent se prépare et je dois fixer ma bâche solidement pour couvrir au maximum ma tente. Je creuse aussi des rigoles dans le sable sur le pourtour de la tente et j’éloigne mon kayak avec son ossature d’aluminium. L’orage éclate à 20h10, la partie exposée de ma tente se trempe en quelques minutes, j’imagine les éclairs proche à l’extérieur, quoique je n’y vois rien avec la bâche. Oh puissant matelas gonflable, isole-moi du sol si un éclair tombe proche! Ha! Ha! Vive la pensée magique pour s’endormir sous la tempête.

 

 

PHOTOS (100-2811/100-2855).-.Cirque de la Chaloupe – Rivière du  pavillon

JOUR 12 dimanche le 01-08-2007 Lever 6h30 – départ 8h30 – arrivée 16h45– 29 Km

Ce matin, l’île baigne dans un épais manteau de brouillard.  Il se met rapidement à pleuvoir et je dois rester très au large.

La pluie fait pousser la barbe, bonnes averses matinales – Près de Rivière Maccan - 9h49

C’est franchement ennuyant je ne vois presque pas la côte jusqu’à ce que la brume se dissipe en fin d’avant-midi.  

Ma troisième chance de ramasser des os de baleines, celle-ci pue tellement que je passe à 2 doigts d’être malade – Juste avant la Rivière Ferrée – 10h53

J’arrête juste un peu après la Rivière Ferrée pour préparer de l’eau. Je n’ai pas réussi à aller voir la rivière, la baie étant très peu profonde. Je ne vois presque pas de phoques aujourd’hui, une trentaine tout au plus. En après-midi, le ciel est gris, mais j’ai une brise fraîche qui me garde bien motivé.

L’épave Steve C. – Environ 6Km avant la Rivière du Pavillon – 14h55

La section avant et après le Ruisseau Martin est très belle. Ce sont les plus grosses falaises à date sur la rive sud. J’arrive à 17h10 à la Rivière au Pavillon. L’endroit est idéal, gros banc de gravier fin, rivière pour se baigner le tout couronné d’un accès facile.  J’installe ma tente sur le banc de gravier entre la rivière et le fleuve et j’en profite pour déshumidifier tout l’équipement. Je soupe en regardant 2 renards à la recherche de nourriture sur la grève, sous un ciel presque dégagé. 

 

 

PHOTOS (100-2856/100-2908).-.Rivière du Pavillon – Passé Pointe de la Tourbe

JOUR 13 lundi le 02-08-2007 Lever 6h15 – départ 7h50 – arrivée 19h00 – 40 Km

Une superbe journée où, comme sur la rive Nord, il est presque impossible d’arrêter, car on veut toujours voir ce qu’il y a dans la prochaine baie. Le ciel est gris et la température assez fraîche, des conditions parfaite pour pagayer. J’arrive rapidement à la Rivière Chicotte vers 10h30. La marche dans le petit canyon qui n’est qu’à 500M de l’embouchure est bienvenue. Quelques fosses sont visibles, mais malheureusement, je n’y vois aucun poisson. Soudainement, c’est presque la panique, ma caméra me donne le familier "Low Battery".  Il ne me reste que 2 piles neuves. Je décide donc d’aller au nouveau pavillon de la SÉPAQ à l’embouchure de la rivière pour voir s’ils en ont. La chance me sourit, j’achète les 4 dernières piles AA à l’accueil qui vend : piles, film, chips et chocolat.  Pour les intéressés, il est possible de faire des excursions de cheval à partir de ce pavillon. En retournant à mon embarcation, je m’enfarge presque sur un chevreuil couché.

Chevreuil pas peureux – Rivière Chicotte – 11h18

J’ai l’impression qu’il est nourri, car il n’a absolument pas peur de moi. Je quitte la Rivière Chocotte vers 11h30. La section entre Pointe des Morts et environ 1Km avant la Rivière aux Rats me fait penser au relief de Mingan.  Le secteur est caractérisé par le Ruisseau aux Plats qui se jette précipitamment dans le fleuve et par le plateau littoral très près de la berge qui est elle est entièrement surélevée de quelques pieds. À marée basse, c’est une barrière efficace contre l’accostage. En arrivant à la Rivière aux Plats, je fais peur une fois de plus à un gros troupeau de phoques.  Pour la première et unique fois, un phoque s’approche à quelques pieds de moi et passe sous le kayak.  Entre 14h00 et 16h00, je me paie une mini séance de surf dans la petite houle jusqu’à la Rivière Galiotte. 

Embouchure de la Rivière – Rivière Galiotte -  15h51

En arrivant à la rivière, il y a un vieux Pavillon en ruine. J’hésite entre camper ici pour la nuit ou continuer. J’opte de continuer, comme il y a un nouveau pavillon en vue et des chalets avec des gens sur les balcons. Je vais devoir faire un bon effort, puisque j’arrive aux abords de la Réserve Écologique du Grand Lac Salé. Il n’est pas question que je campe dans la réserve, par respect pour l’endroit (et aussi de l’amende que j’imagine salée – jeu de mots). Je vais voir le Petit Lac Salé et, déception, il n’y a pratiquement aucun oiseau, si ce n’est que de quelques canards. Sur le Grand Lac Salé, c’est encore pire, il est complètement vide. Je sors de la baie pour contourner la Pointe à la Tourbe, ce qui n’est pas facile comme je l’espérais. Une fois de plus, je dois me rendre très au large, plus de 1Km, et longer le "reef" pendant une bonne demi-heure avant de pouvoir accoster. Les algues en grande quantité exposées à l’air donnent au "reef" un teint orangé, très beau.  J’arrive à 19h00, un super beau site pour camper avec un étang à l’arrière et un coucher de soleil bien rouge.

 

 

PHOTOS (100-2909/100-2944).-. Passé Pointe de la Tourbe – Rivière à la Chute

JOUR 14 mardi le 03-08-2007 Lever 6h45 – départ 9h00 – arrivée 19h40 – 12 Km

Pas de presse ce matin, je reste longtemps assis, contemplatif, devant un paysage allant de l’orange des algues au bleu foncé du fleuve.

La tente qui sèche – Environ 2Km passé la Pointe de la Tourbe – 7h10

La tente sèche pendant ce temps, il a bruiné toute la nuit et tout est un peu mouillé. Ma destination est tout proche, soit la rivière Brick où j’ai l’intention de ramasser un maximum de fossiles. Je m’y rends en 50 minutes sous un ciel toujours gris, mais on devine un dégagement prochain.  En traversant la rivière, j’aperçois des méduses dans l’eau douce!

Méduses chanceuses – Embouchure Rivière du Brick – 10h04

C’est ma journée de marche, je remonte la rivière sur le premier kilomètre et puis, au pont qui l’enjambe, je suis la route sur 6Km jusqu’au chalet de Brick sur Roche. Le Soleil est bel et bien sorti et la température grimpe rapidement. J’arrive au chalet qui surplombe la rivière à 12h15 et je cours jusqu’à la rivière pour me baigner. Du fait même, j’oublie de fouiller le bas de la falaise près du chalet qui, selon l’Écoguide Anticosti1, est un des meilleurs sites fossilifères de l’île. Je prends l’après-midi pour retourner lentement vers le fleuve. Le temps passe vite: je me baigne dans toutes les fosses, je photographie abondamment le canyon et, surtout, je ramasse des fossiles qui sont partout dans ce cours d’eau.

Journée de marche – Canyon du Brick – 13h26

En arrivant au pont, mon sac pèse probablement 25 livres (le kayak était rendu léger, il fallait corriger la situation). En arrivant au fleuve à 17h15, je vois 4 employés de la SÉPAQ qui pêchent à l’embouchure de la rivière. Ils ont l’air bien concentrés et je quitte 15 minutes plus tard dans un vent de face rafraîchissant. Je dois aller très loin pour contourner le "reef" qui est toujours couvert d’algues oranges. En approchant la plage où je veux camper, je fais peur à un autre troupeau de loups marins. Je le contourne pourtant de loin, ils sont à peine visibles. La Rivière à la Chute est un endroit de rêve pour camper. Une belle cascade avec un bassin pour se baigner, une plage de sable et des rochers plats sur plus d’un kilomètre à l’est pour marcher sur le bord de la côte. Ce soir, je découvre 2 boîtes de thon et un paquet de Smarties oublié dans le fond de mon gros pot de pâtes : c’est la joie!

 

 

PHOTOS (100-2945/100-2964).-. Rivière à la Chute – Rivière à la Chute

JOUR 15 mercredi le 04-08-2007 Lever h – départ h – arrivée h – 0 Km

Journée de repos absolu.

Site de camping de luxe – Rivière à la Chûte – 16h15

J’aime beaucoup le site et, surtout, j’ai de la difficulté à me lever. Assez tôt, je me rends à l’évidence que je n’ai même pas envie de démonter le camp, donc au diable la journée de luxe. Je profite de la journée pour me baigner dans la chute, me faire bronzer, ramasser des fossiles.

Quand on dit qu’il y a du fossil à Anticosti – Près de Rivière à la Chute – 16h23

Je lis «Les Engagés du Grand Portage» de Léo-Paul Desrosiers et «Maria Chapdelaine» de Louis Hémon. Je n’avais presque pas lu depuis que je suis débarqué du Nordik Express. 

 

 

PHOTOS (100-2965/100-3046).-. Rivière à la Chute – Rivière au Fusil

JOUR 16 Jeudi le 05-08-2007 Lever 6h30 – départ 7h30 – arrivée 16h45 – 35 Km

C’est une super journée avec un vent de dos venant de l’est qui est fort pour un début de journée. Je pagaie facilement jusqu’à l’Anse aux Gibbons. Je m’attendais à voir des milliers d’oiseaux, le site étant un autre haut lieu d’ornithologie sur Anticosti, mais une fois de plus zéro. En arrivant à la Pointe Sud-Ouest, ils sont au rendez-vous : des corbeaux, des canards et surtout des centaines de goélands se protègent du vent dans la baie à l’Ouest de la Pointe.

Le phare en mauvais état – Pointe Sud-Ouest – 9h17

Les lieux sont magiques : le vieux phare en ruine construit en 18311, le cimetière, la végétation tordue par les vent et les centaines d’oiseaux.  C’est une place à visiter sans faute lors d’un voyage à Anticosti.

Cimetière familial de la famille Pope (gardiens de phare) et tombe du capitaine et des 7 marins du Brigantine Orient perdu en 1874 – 9h33

Le vent est de plus en plus fort et me pousse maintenant à 3Km/h sans pagayer. Je passe à travers un gros troupeau de loups marins, dont une trentaine d’individus me suivent jusqu’à la Rivière Jupiter. J’arrive dans la Baie Bonsecours, qui est très peu profonde, vers 11h30 et je me fais prendre dans un haut fond. Les falaises du Cap Ottawa et Cap Jupiter sont de loin les plus impressionnantes de la rive sud. Le Cap Jupiter peut être plus, car l’eau est plus profonde à sa base et on peut l’approcher plus facilement. J’arrive à la plage de la Jupiter à 12h00 sous une pluie un peu plus lourde. L’amoncellement de bois de grève est hors norme. Sur une centaine de mètres, une épaisseur appréciable et large de 10 mètres de bois de grève bloque l’accès à la forêt.

Bois de grève, en veux-tu? En v’la! – Plage de la Rivière Jupiter – 12h34

On pourrait faire l’ultime feu de joie dans le coin. À l’embouchure de la rivière, une vielle cabane abandonnée bourdonne d’abeilles, je n’ose pas m’en approcher trop. Je trouve des fanons de baleine sur la plage, ils sentent mauvais pour l’instant, mais avec un bon séchage ça devrait s’arranger. Après une bouffe rapide, le départ se fait à 12h45 sous une pluie intense qui, par chance, ne dure pas. Il va pleuvoir légèrement le restant de l’après-midi et, avec une houle qui se creuse de plus en plus, je fais des petits coups de surf de temps à autre.

La plus haute falaise de la cote Sud – Cap Jupiter – 13h42

J’accoste au Ruisseau sans nom 9 (point de navigation) dans une grosse houle pour ramasser de l’eau. Je ne réussis pas à le localiser, mais en retournant à l’eau une minute après, j’aperçois un beau ruisseau qui descend de la forêt en petites cascades.  À 17h30, j’arrête à la Rivière du Fusil pour la nuit. Une place incroyable pour camper avec une plate-forme en gazon bien nivelée et surtout la rivière qui coule sur une platière longue d’un kilomètre. La rivière n’a que quelques pouces de profondeur et s’écoule sur une dalle rocheuse trouée par endroit de petites marmites où l’on aperçoit un niveau inférieur. J’en profite pour faire une belle marche en remontant la rivière en attendant que la pluie arrête entièrement. 

 

 

PHOTOS (100-3047/100-3110).-. Rivière au Fusil – Passé Rivière Aux Graines

JOUR 17 vendredi le 06-08-2007 Lever 5h45 – départ 7h15 – arrivée 18h00 – 36 Km

Je me réveille ce matin avec un côté de sac de couchage tout mouillé. Je dors tellement bien après une journée de kayak que je ne me suis même pas réveillé durant l’averse cette nuit. C’est une autre journée grise et fraîche, parfaite encore une fois pour être sur l’eau. Je dois garder une bonne distance de la berge, mais j’aperçois ce que j’estime être une caverne au bas d’une falaise au loin. En m’approchant, je réalise que c’est le Fayette Brown, la plus grosse épave du St-Laurent.

Fayette Brown avec mon kayak à l’avant pour perspective – En route vers Rivière à la Loutre – 8h45

Personnellement, je trouve le Mongibello plus beau, mais avec ses 60 mètres de longueur et son emplacement directement sur la plage, c’est un bateau impressionnant. Vers 10h45, la houle disparaît complètement au niveau de l’Anse Kneeland et le soleil remplace maintenant le gris. La berge est difficile d’accès, il n’y a simplement pas d’eau. Je voulais arrêter à la Rivière aux Cailloux, réputée être très belle, mais la côte est inapprochable. J’arrête pour manger à 12h45 à la Rivière Sainte-Marie, poussé par une marée montante.

Moi  de plus en plus barbu – Baie Sainte-Marie – 13h07

La baie est très large et plane et l’eau monte à vue d’œil. Tout l’après-midi est d’un ennui mortel. Je dois rester très au large pour avoir quelques pieds d’eau sous la coque. Les vagues ont repris un peu et, vers 15h00, j’assiste à un phénomène surprenant. La marée envahit le plateau littoral qui a chauffé au soleil tout l’après-midi. Un brouillard très dense se forme par-dessus le "reef" et cache rapidement toute l’île. Le soleil brille au large et, avec un épais nuage, l’île est complètement voilée. Ce brouillard reste au maximum une heure et le temps que j’arrive à la Rivière des Bec Scies, le ciel se voile et un vrai banc de brouillard arrive du sud. À 16h30. je suis assis sur une table de pique-nique devant la rivière dans un lieu de camping parfait. Des chevreuils broutent paisiblement et le vent éloigne les moustiques, c’est difficile de partir. Le brouillard commence à envahir la baie et le vent se lève, il faut profiter de l’occasion. Avec la marée haute, le vent de dos et un brouillard épais qui rend les berges mystérieuses, je me laisse pousser en pagayant peu et je profite pleinement du coup de pouce gratuit.

Un peu de brouillard – Cap à la Craie – 17h15

J’arrête à 18h00 un peu après la Rivière aux Graines dans une baie bordée d’une plage abrupte dans des conditions qui se détériorent. Ce que je croyais être du gazon est en fait un champ de roches semi herbeux. J’opte donc de m’installer dans la forêt où je découvre les restes d’une vieille barque. Dernière nuit de camping, je dois partir tôt demain, on annonce des vents venant de l’ouest et des averses en après-midi. 

 

PHOTOS (100-3111/100-3135).-. Passé Rivière Aux Graines – Port Menier

Jour 18 – samedi le 07-08-2007 Lever 5h30 – départ 7h45 – arrivée 11h42 – 21 Km

C’est un beau début de journée qui se gâte vite. La côte ressemble au reste de la rive sud : des plages, des épinettes et le "reef" qui protège bien l’île. Les premiers kilomètres vont assez bien avec un vent du sud tolérable, et puis ça devient plus sérieux. Entre la Pointe aux Graines et le Cap à l’Aigle, environ 6 Km, je fais face aux pires conditions de tout le voyage. Le 6 Km me prend environ 2h30 d’effort soutenu. J’essaie de prendre une photo des vagues et du brouillard, mais je ne réussis jamais à lâcher la pagaie assez longtemps pour sortir la caméra. Plusieurs vagues se brisent sur moi, mais c’est de ma faute, je suis le "reef" de trop près.  En rentrant dans la Baie Ellis, le ciel devient bleu et j’aperçois Port Menier. Le vent est toujours présent, les derniers kilomètres ne sont définitivement pas volés. J’arrive au quai à 12h00, sous un ciel gris, bien content d’un voyage qui s’est bien déroulé sur une île spectaculaire. Mon matériel est raisonnablement sec vers 13h00, je pacte donc tout dans les sacs de transport. À l’arrière de l’entrepôt du Nordik Express qui n’ouvre que demain (dimanche à 23h00), je cache mes 2 sacs.  Location Sauvageau veut une vraie fortune pour louer un camion, donc j’opte pour l’auberge de Port Menier. 99$/jour avec un bain, un téléviseur câblé et des chevreuils gourmands directement à l’extérieur, c’est ce qu’il me faut.

Chevreuil gourmand – Devant l’Auberge de la SÉPAQ – 16h23

Par contre, je manque la chute Vauréal, le canyon Observation et la grotte Patate. Au moins, je les ai déjà vus lors d’une visite antérieure à Anticosti.

 

PHOTOS (100-3143/100-3144)

Dans la journée du dimanche, je passe une grosse partie de la journée étendu dans l’herbe juste à l’extérieur du village.

Village de choix – Port Menier – 19h33

Une belle vue du "reef" et un bon soleil chaud. J’en profite pour lire Menaud, maître draveur  de Félix Antoine Savard.  Le soir, je vais souper à l’auberge : brochette de cerf rouge avec entrée de crevettes de Matane, gâteau au fromage avec du café.  C’est vraiment excellent, ça fait du bien de manger de la viande rouge.  Je finis ça au bar, question d’encore bien dormir sur les banquettes du pont. Mes sacs sont dans l’entrepôt pour 23h30, le bateau arrive vers 0h00. Les gens du Nordik Express sont assez gentils pour ne pas me charger de frais de cargo. À l’aller, on m’avait chargé 30$ pour mes 2 sacs de kayak. Le dimanche soir, le bateau part du port vers 1h00 et non à 3h00 comme prévu. Tant mieux, je vais pouvoir arriver à Rimouski et Montréal plus vite.

 

Remerciements

Je tiens a remercier Fernand Lavoie, Alexandre Blais et (???Michel ou Pierre??? j’ai effacé son courriel par mégarde – il m’a écrit qu’il allait sur Anticosti le 25 Juillet – désolé) pour leurs précieux conseils. 

Merci Julie Benoit de m’avoir fait le transport aller-retour au port de Rimouski ainsi que d’avoir si gentiment gardé mon auto pendant mon absence. 

Merci Émilie Brassard d’avoir corrigé mes fautes sans quoi cette page aurait été illisible.  J'ai fait des modifications suite à sa correction et je partage la responsabilité avec mes profs de français pour toute erreur dans ce texte.

 

 

notes :

1  – Écoguide d’Anticosti – Pascal Samson - 1990

2 – Toutes les distances sont en Km approximatifs, mesuré de retour à Montréal avec le logiciel Mapsource de Garmin et les données Topo Canada également de Garmin.

3  –   http://www.menv.gouv.qc.ca/biodiversite/reserves/pointe_heath/res_04.htm


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